Interview Stéphane Citerne

Entretien : Stéphane Citerne, superviseur et coach en prévention et sécurité.

 

« Un accident, c’est toujours un accident de trop ». 

En 2023, 661 personnes en France sont mortes au travail, selon les chiffres de l’Organisation internationale du travail. Ce mardi 30 janvier, on a interviewé Stéphane Citerne, superviseur et coach en prévention et sécurité, pour lui demander quelles sont ces méthodes de travail.

 

 

Quel est votre métier, et que faites-vous concrètement ?

 

« Je suis coach et superviseur de manager et dirigeant, je les accompagne pour leur permettre d’avoir plus d’impacts, en l’occurrence dans les bons comportements en matière de sécurité et de prévention. » 

 

Quel a été votre parcours ? Vos études ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de pratiquer ce métier ? » 

 

« J’ai un diplôme d’ingénieur, j’ai bossé pendant 20 ans dans les travaux publics, ensuite, j’ai bifurqué pour manager une équipe HSE (hygiène, santé et environnement).

J’ai poursuivi une formation PNL (programmation neuraux linguistique). Et ensuite, je me suis formé à la supervision de coach, de manager et de dirigeant.

Et pour finir, j’ai travaillé ces 6 dernières années dans des programmes de transformation dans les entreprises qui visent à diminuer l’accidentologie et faire en sorte qu’on ne déplore plus d’accidents dégradants. » 

 

Avez-vous déjà été confronté à des accidents de travail ?

 

« Oui, bien sûr ! C’est ce qui a créé ma vocation. Un accident, c’est toujours un accident de trop ! C’est donc ce qui m’a motivé à faire en sorte de pouvoir sauver des vies. » 

 

Quelle est votre méthode de prévention sécurité ? Par quoi commencez-vous pendant un coaching ?

 

« Tout d’abord, c’est d’aider les personnes à mieux voir les risques et ensuite à mieux en parler avec les collaborateurs en valorisant ce qu’ils font de bien, en les aidant à réfléchir aux risques qu’ils prennent, et aux conséquences potentielles de la situation. Pour ensuite proposer une solution, un comportement plus sûr et s’engager pour que ce comportement devienne pérenne. L’engagement idéal est bien évidemment d’en parler ensuite avec ses collègues, pour donner envie à d’autres d’adopter les mêmes comportements sûrs. » 

 

Comment finissez-vous votre séance de coaching ?

 

« Je finis toujours par des remarques positives. Je mets en avant ce qu’ils ont bien fait, et je leur demande de me dire ce qu’ils ont retenu de la séance et ce qu’ils vont mettre en avant, c’est-à-dire, je cherche de leur part un engagement concret à faire quelque chose de nouveau et de différent jusqu’à la prochaine séance. » 

 

Que diriez-vous pour ceux ou celles qui voudraient se lancer dans la supervision et le coaching ?

 

« Il faut vraiment être convaincu que l’homme avec un grand H peut progresser et changer sa manière de faire. »

 

« Celles et ceux qui voudraient se lancer dans la supervision coaching prévention, j’ai envie de leur dire qu’il faut naturellement que ce soit une vraie passion, une envie d’influencer les comportements dans le bon sens du terme. C’est-à-dire de sauver et d’épargner des vies.

Je pense que c’est un métier noble, car on peut tomber sur des gens qui comprennent et évoluent très vite, mais on peut aussi tomber sur des personnes un peu plus résistantes, imperméables à ces apprentissages et changements, et parfois cela peut occasionner une perte de motivation. Donc, il faut vraiment être convaincu que l’homme avec un grand H peut progresser et changer sa manière de faire. »