La chaufferie communale

Signature du CCRt à la salle des fêtes de Saint-Georges-du-Bois, vendredi 5 avril / © Carine Fernandez

Vendredi 5 avril, le Département a signé, pour une durée de trois ans, le contrat de Chaleur Renouvelable territorial (CCRt) en collaboration avec l’ADEME et la préfecture de la Charente-Maritime. Avec un objectif national de 38 % de chaleur renouvelable en 2030, la collectivité souhaite contribuer à cette ambition collective.

 

En préambule de la signature du Contrat de chaleur renouvelable, se tenait une visite c. En service depuis 2009, elle dessert un ensemble de bâtiments communaux via un réseau de chaleur alimenté par la chaudière bois, et une chaudière fioul.

50 % d’économie

Selon Gérard Bayle, 1er adjoint de la commune de Saint-Georges-du-Bois, et guide pendant cette visite, la chaudière fonctionnant au bois a permis de diviser par huit les émissions de CO2. « À l’époque on avait une émission de CO2 qui était de 64 tonnes par an, on est descendu à 8 tonnes « , indique-t-il. La commune utilisait autrefois une chaudière au fioul pour chauffer les bâtiments municipaux. Néanmoins, son utilisation n’a pas été complètement abandonnée. En effet, en cas de panne, elle prend le relais. « C’’est le cas en cette période, puisqu’en septembre on a eu ce violent orage qui nous a dégradés pas mal de matériels », assure l’élu.

La consommation de bois déchiqueté varie entre 70 et 100 tonnes maximum à l’année lors des hivers intenses. La première année, ces installations ont permis d’économiser 50 % du budget alloué à l’énergie pour la commune, selon Gérard Bayle. Il rappelle tout de même qu’en termes techniques et sur la durée, la maintenance d’une chaufferie en bois « demande plus d’attention. »

Quant au contrat signé vendredi 5 avril en Charente-Maritime, il a été qualifié du « plus ambitieux porté en Nouvelle Aquitaine« . Il comprend en effet pas moins de 98 projets financés en partie par l’État, à travers le Fonds chaleur géré par l’agence de la transition énergétique (ADEME), auxquels ils ne seraient pas éligibles individuellement. Pour accompagner les porteurs de projets publics, le Département propose également son aide. À travers le Fonds énergie, il apporte aux collectivités de moins de 5 000 habitants un soutien financier. Sur trois ans, ce CCRt permettra de soutenir la réalisation et de regrouper les projets de production de chaleur renouvelable publics, quelle que soit la taille de la collectivité, mais aussi privés.

Sur ces 98 dispositifs de ce CCRt, c’est le rejet de 5 228 tonnes de CO2 qui devrait être évité d’après Brice Blondel, préfet de la Charente-Maritime. Pour exemple, la commune de Torxé – qui compte 210 habitants – a bénéficié de l’aide cumulé du Fonds chaleur et du Fonds énergie. La moitié du prix de l’installation d’une chaudière à granulés de bois a été financée par les aides de l’ADEME et du Département. Cette installation prévue pour les infrastructures communales, aurait permis d’éviter 11 tonnes d’émission de CO2 selon les informations de la Charente-Maritime.

En France, plus de 120 contrats chaleur renouvelable ont été signés, cela représente environ 50 % de la population nationale couverte. En Nouvelle Aquitaine, 96 % du territoire est couvert par un contrat chaleur renouvelable. Et bientôt 100 % de la région sera équipée de ce dispositif, car les 4 % restants sont en études de préfiguration avec une signature prévue d’ici deux mois.

Le préfet évoque également l’ambition de réduire « de plus de la moitié les émissions des gaz à effets de serre  » d’ici 2030 par rapport aux années 1990. Pour cela  » une sobriété de nos comportements énergivores  » est nécessaire selon lui, et donc une réduction de 40 % de nos consommations quotidiennes d’énergies.